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FILMS
 

Serge gagné
      l'essentiel
Jean Gagné                         Urgent

 Et vice versa !


 

FILMOGRAPHIE

Saison Cinquième, 1968 - La Tête au neutre, 1973 - L’ ou ‘L, 1974-2015 - Une Semaine dans la vie de camarades, 1977 -  À vos risques et périls, 1980 La Couleur encerclée, 1986 - Le Royaume ou l’asile, 1990 - La Folie des crinolines, 1995 -  La Marche à l’amour, 1996  - Ton père est un bum, 1997 Étrange Histoire, 1998 - Un souffle qui brûle, 2001 -  Barbaloune, 2002  - Cerbères à l’horizon, 2006 -  J’irai danser sur vos barrages, 2006 -  Même combat, 2008 - Rose et Ronce, 2008 -  Le Vent du Nord, 2009 - Chemin de clef, 2010 - Eh Oh l’hyène, 2010 -  C’est pas un banc d’essai, 2011 - Sortezmoéça!,2011- Pour en finir avec la tricherie, 2011   - Les pales du mal - parcours citoyen, 2011 - Les Meutes du désordre, 2012 - L,Or là - Traversée, 2012 - Une Semaine dans la vie de camarades -version des réalisateurs, 1977-2015 - Paul Rose, entretien, 2013 - La Frenière Jean-Marc, Débroussaillage,

2013  -Étrange Histoire, version des réalisateurs1998-2014 - Bad Blades, (vsa des Pales du Mal) 2014 EN PRÉPARATION

 1 million d’heures plus tard, 2006-2012 montage -  l’Or Là, les 4 épisodes, post-prod - Rang du où là?, montage - Vert atout, scénarisation  - Méandres de l'inutile, sur la glace - Errâmes - sur la glace - Totemisage - tournage présentation

 



SergeGagné

Cinéaste indépendant, producteur, réalisateur et cameraman il a collaboré à plus de 20 films de long métrage.

Il agit comme producteur délégué pour Production Cocagne. Il est président de Diffusion Conventum et de 7ième Art Distribution corporations qui s'occupent de la promotion et de la diffusion  du cinéma d'auteurEs. Membre fondateur du Rézo de diffusion du cinéma indépendant qui a assuré pendant 4 ans la présentation de cinéma d'auteurEs dans un réseau dédié. Dans le cadre du Centre de recherche multidisciplinaire mis en opération COSMA, il participe  aux services pour la réalisation et promotion/diffusion du Cinéma indépendant.

Il est aussi un analyste reconnu pour toutes les questions entourant la place et les enjeux de la création et du cinéma dans la société.

 

Jean Gagné

Cinéaste indépendant, il a réalisé et fait le montage de 20 films de long métrage.

C'est sous sa direction que Production Cocagne a mis en place une collection consacrée  à témoigner de la création dans toutes ses différences, La Poésie à l'Ouvrage.

On y retrouve des œuvres dédiées à Gaston Miron, Denis Vanier, Armand Vaillancourt, Gilbert Langevin , Pierrot Le fou Léger, Roland

Giguère entre autres

Membre fondateur du Rézo de diffusion du cinéma indépendant qui a assuré pendant plus de 4 ans une programmation de cinéma indépendant dans un petit réseau dédié. Il agit comme vice-président du conseil d’administration de Diffusion Conventum. Dans le cadre du Centre de recherche multidisciplinaire qu'entend mettre en opération COSMA, il participera à la mise en place d'un atelier consacré au documentaire d'auteur.

Il est aussi un artiste multidisciplinaire qui s'exprime particulièrement dans la réalisation de collages multi-média.

                                                                                                                   2                                                  essai cinématographique

2016-17



À PROPOS DES FRÈRES GAGNÉ

“À une époque où le film-roman est devenu la seule référence, il y a dans le cheminement des frères Gagné une recherche qui se situe dans le sillon des mouvements qui ont voulu libérer l’inconscient: surréalisme, dadaïsme, expressionnisme, underground, etc...”

Michel Larouche, “Les frères Gagné: I’autopsie du documentaire”,  Copie Zéro, No 38.

"Leur cinéma est  imprévisible, comporte parfois des fulgurances, souvent des moments  de poésie, toujours une réalité éclatée. Véritables  porte-étendards du cinéma  indépendant au Québec, les frères Gagné persistent et signent un cinema libre qui donne la belle part aux  envolées et à la mise en valeur  d’autres amis artistes" Marc-André Lussier, collaboration  spéciale, La Presse, Samedi 7 octobre 1995.

"La Folie des crinolines nous entraîne donc dans un thriller baroque où se superposent un  univers passé empreint de superstitions et un monde actuel axé sur l’argent et le gain. "  André C. Passiour, Quartier Libre,

Volume 3 Numéro 5 le 17 octobre 1995.

"La  marche à l'amour, telle que traitée chez Cocagne, est un mât de misaine de rapprochement entre tous et toutes." Pierre Léger, journaliste et poète, Art Tiret no 92,  décembre 1996 "... La Marche à l'amour, "une performance poétique cinématographiée" par les frères Gagné, les porte-étendards du cinéma indépendant au Québec.... Miron devient simplement géant. Soyons reconnaissants aux cinéastes d'avoir su élaborer une mise en images aussi magnifique que respectueuse." Marc-André Lussier collaboration spéciale La Presse Vendredi 30 mai 1997.

"...spectacle poétique global, la Marche à l'amour.... a éte conservé intégralement sur bobine par les frères Gagné, ces infatigables cinéastes de  la poésie populaire du Québec contemporain." Paul Rose, L'Aut'Journal, no 156 février 1997. "Les frères Gagné viennent de réaliser un fiIm percutant, Ton père est un bum ...

En toute indépendance et avec la folie des pellicules libres qui les caractérisent. Véritable montage et cut-up de paroles et d'images évocatrices de la pertinence des propos de ce poète qui a fait de sa vie et de son écriture une provocation perpétuelle et un constant , délire sur le thème de la fragilité d'exister et de respirer. Un film essentiel et majeur sur un poète d'ici trop longtemps écarté par la rigueur publique..."

Pierre Demers,pour L'Itinéraire, no-9, septembre 1997.

" .... Les frères Gagné réussissent à créer un palimpseste visuel et sonore qui s'impose comme une méditation sur le sens des images et des mots...."

Paul Beaucage, Séquences no 199, novembre-décembre 1998.

"... survolons cette Étrange histoire. ... Film de grave divertissement poévital, et de tendre gai-savoir, «Étrange histoire» est aussi du cinéma de revendication.  Socioculturelle. Au plan esthétique (on l'a vu).  ET idéologique : Larouche en sa belliqueuse maison de tous les arts (idem pour Le Conventum); Langevin en sa fragile tentative de philosopie fraternaliste. ..."

Pierre Léger, journaliste & conteur-poète, septembre 98.

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totemIsage

"II y en a peu d'aussi troublant, d'aussi dérangeant, que le film de Serge et Jean Gagné, Etrange histoire. À ma connaissance, c'est le premier film qui traite directement de l'"inavalable" tragédie des artistes québécois de la génération précédente. Et cela lui confère une force dramatique, une valeur de constat, de manifeste, de cri de douleur, d'oratorio funèbre, qui ne me paraît pas si loin, curieusement peut-être, de la tragédie à la petite semaine des pères de famille de Père pour la vie. ..C'est justement cette même douleur-là que le film des frères Gagné pousse jusqu'à la souffrance la plus extrême, en évoquant le destin tragique de Gilbert Langevin, un des poètes québécois les plus importants des trois dernières décennies, qui finit pourtant sa course parmi les itinérants de Montréal."

JEAN CHABOT IN 24 IMAGES NO 96  PRINTEMPS 99

" Vaillancourt est livré ici avec une dimension de grandeur qui transcende sa personnalité et son oeuvre mais qui l’inscrit comme une figure un peu mythique dans la grande toile du Québec." Odile Tremblay, Le Devoir, samedi le 19 avril 2003.

"Ce documentaire brut à l'image des coups de marteau et des coups d'éclat de l'infatigable artiste confirme une fois de plus le talent et la place des frères Gagné dans notre espace cinématographique." Louise-Véronique Sicotte, Séquences 225, mai-juin 2003

"BARBALOUNE L'ivresse d'une bouffée d'éther... Inspirée du collage (art visuel que Jean pratique couramment), leur technique cinématographique est faite de tableaux successifs qui se juxtaposent sans liens immédiatement logiques. Un univers à la fois poétique et pragmatique, où le surréalisme fait sans cesse irruption dans le quotidien. Des images au charme brut. Bref, un film insaisissable et coloré, comme une balloune ballottant au vent.

Mélanie St-hilaire,  Le Soleil, samedi 7 septembre 2002.

"Quand on mesure l'eau en épaisseur de piasses, ce sont les pauvres qui écopent pour engraisser les pleins. Quand on mesure le bois en pylônes électriques, quand les banquiers flairent le vent, quand on viole pour de l'or et du fer le vagin de la terre, toute l'énergie et la richesse du Québec sont prêtes pour alimenter les États-Unis de l’Amérique du Nord.

À leur manière, Cerbères à l'horizon et J'irai danser sur vos barrages se penchent sur  l'histoire des premiers grands barrages privés et y constatent l'américanisation du territoire par les monopoles financiers et la désappropriation de nos richesses pour des bouchées de pain."

Jean-Marc La frenière, Revue de la Société Historique, Automne 2011

Les réalisateurs du film Les Pales du Mal y ont mis juste ce qu'il faut d'ironie pour éditorialiser ce parcours, quelquefois explorant et poussant plus loin les doléances citoyennes.

Il nous montre que la démocratie peut facilement être bafouée quant il est question de servir les maîtres de la finance internationale, des gloutons locaux et des goinfre du béton. Pour tous ces sbires rien ne peut s'accumuler sans une bonne petite construction conséquente à un juteux projet de destruction. Ce film des Frères Gagné continue le travail commencé avec Cerbères à l’Horizon et J’Irai danser sur vos barrages en explorant une autre forme du pillage de nos ressources naturelles par les firmes étrangères. Un autre signe s’ajoutant et montrant que ce n’est pas d’aujourd’hui.

Alex G Rhom, pour l'Art Tiret, février 2012

essai cinématographique 2016-17

Étude du film Une semaine dans la vie de camarades (1976) de Jean Gagné et Serge Gagné1

par: Marc-André Robert est candidat au doctorat en histoire à l’Université Laval depuis 2010.

En avril 1975 s’ouvre la Rencontre internationale de la contre-culture (RIC) de Montréal. Événement phare de la contre-culture québécoise, elle donne lieu à la production d’un long-métrage documentaire de quatre heures empruntant à l’esthétique du cinéma direct : Une semaine dans la vie de camarades (1976), des cinéastes Jean Gagné et Serge Gagné, deux acteurs de premier plan de la mouvance contre-culturelle au Québec. Portrait social et politique de la culture québécoise, ce film propose une série d’entrevues avec des « travailleurs culturels » à travers un voyage aux quatre coins du Québec. Critique de la culture institutionnalisée des années 1970, Une semaine dans la vie de camarades explore les différentes manifestations culturelles populaires en sol québécois. ...

... S’y côtoient entre autres l’intellectuel Patrick

Straram dit « le Bison ravi »; le cinéaste Gilles

Groulx; les poètes Josée Yvon, Denis Vanier, Charles

Plymell et Allen Ginsberg; les chanteurs Lucien Francoeur, Raoul Duguay et Plume Latraverse; l’écrivain William Burroughs; et l’artiste Baron

Philip. ...

« [F] igures quasi mythiques6 » de la contre-culture en terre québécoise, les frères Jean et Serge Gagné, cinéastes marginaux et indépendants à qui l’on doit plusieurs films-essais méconnus d’une richesse historique surprenante7, ... ils développent un projet de long métrage s’appuyant en partie sur les images captées pour l’occasion et portant, plus globalement, sur l’idéologie de la contre-culture au Québec. ... un film-fleuve (quatre heures !) à la confluence des genres, mêlant fiction, documentaire et cinéma direct, dans une improvisation cinématographique que l’on reconnaît à la filmographie des frères Gagné, celle des films-collage. Dans une perspective historique, ce film constitue un document sociologique et ethnographique d’importance. Produit par des contre-culturistes qui y critiquent, dans une approche bien singulière, la culture (avec un grand « C ») québécoise institutionnalisée des années 1970, Une semaine dans la vie de camarades renseigne à la fois sur l’esprit révolutionnaire de la contre-culture ainsi que sur l’esthétique cinématographique propre à cette mouvance.

...Une semaine dans la vie de camarades mérite une étude substantielle surtout parce qu’il se range parmi les seuls longs métrages « documentaires21 » ayant pour thème principal la contre-culture en situation québécoise, mais aussi et surtout puisqu’il est le produit contemporain de cette époque. Certes, les cinéastes Jean-Claude Labrecque et Jean-Pierre Masse ont également réalisé un documentaire contemporain sur le sujet, mais concentré surtout autour d’un événement, La Nuit de la poésie de mars 197022. Je l’évoquais à l’instant, en 1997, La République des beaux-arts (la malédiction de la momie) de Claude Laflamme, un documentaire sur l’occupation de l’École des beaux-arts de Montréal par ses étudiants, en octobre 196823, explore également le phénomène contre-culturel, mais a posteriori. Une semaine dans la vie de camarades se veut ainsi un témoignage authentique, unique et contemporain des enjeux soulevés par les tenants de la contre-culture québécoise.

Exploitant les images qu’ils ont captées pour l’occasion, les frères Gagné mettent en scène la Rencontre internationale de la contre-culture, qu’ils articulent comme trame narrative de leur film. Ce qui en fait une pièce d’archive éminemment inédite. D’autant plus que la Rencontre internationale est considérée par plusieurs comme le point culminant de la contre-culture au Québec et précède, rappelons-le, l’élection du Parti québécois de René Lévesque en 1976, événement qui provoque un changement de paradigme dans l’environnement politique québécois de même qu’au sein du milieu cinématographique. ...

En plus de la trace historique qu’il représente, Une semaine dans la vie de camarades est également réalisé et produit par deux acteurs de premier plan de la mouvance. À cette époque, Jean Gagné et Serge Gagné sont de tous les événements, instigateurs mêmes de certains d’entre eux; ils côtoient les principaux acteurs avec qui ils entretiennent des amitiés parfois soudaines, parfois de longue date. J’aurai l’occasion d’y revenir. Ce film permet ainsi, en parallèle, de comprendre l’articulation d’une esthétique cinématographique propre à la contre-culture.

Enfin, il est à noter qu’Une semaine dans la vie de camarades n’a pas connu de diffusion publique dans le circuit commercial. Il ne fut pas distribué dans les salles de cinéma, sinon dans quelques salles parallèles. Partageant surtout leur film au sein de cercles d’artistes contre-culturels, les réalisateurs ne cachent pas d’ailleurs leur volonté d’agir et d’exister artistiquement à l’extérieur des réseaux convenus. Le public cible se trouve ainsi en adéquation avec la démarche et l’esprit du projet. ...  sur la dimension (a)politique de l’idéologie contre-culturelle, il m’apparaît pertinent d’interroger le film des frères Gagné justement sous cet angle. Surtout puisqu’il représente une certaine forme de manifeste politique du phénomène. Il s’agit là, dans un acte de mise en mémoire, d’une prise de parole inédite d’acteurs ayant vécu la contreculture « de l’intérieur » et non celle d’observateurs externes. ...  Une semaine dans la vie de camarades est donc susceptible de renseigner, d’une façon originale, sur la prégnance du discours (a)politique suggéré par Duchastel et Rochon.

...

« Faut que ça se fasse, affirme Edgar à son ami

Jean-Gauguet Larouche30. Pour réparer nos gaffes. […] Prendre trois semaines, un mois. Faire cette tournée-là. Les trois années, on a vu pas mal ce qui s’était passé à Montréal, les gars qui étaient importants. Mais c’est pas plus représentatif que tout ça. Allons voir ailleurs31. » Ces quelques phrases tirées du film, décrivent parfaitement bien le synopsis d’Une semaine dans la vie de camarades. Edgar Azède Plamondon32, un homme dans la jeune trentaine, entreprend une visite du Québec afin de sonder différents acteurs des milieux culturels régionaux et recueillir leurs perceptions quant à la situation de la culture en ce milieu des années 1970. La narration de ce dernier constitue la seule dimension fictive du film. Pour le reste, on navigue surtout dans les eaux du genre documentaire. Plus exactement encore dans celles du cinéma direct, un genre popularisé, au Québec et en France notamment, dans les années 1950 et 1960. On peut penser, spontanément, à Pour la suite du monde (1963) de Pierre Perrault, Michel Brault et Marcel Carrière, célèbre documentaire sur la pêche aux marsouins à L’Isle-aux-Coudres. En octobre 1963, soit quelque mois après l’adoption officielle du terme « cinéma direct » par le MIPE-TV de Lyon33, le clerc Henri-Paul Sénécal, collaborateur à la revue Séquences, résumait admirablement bien l’essence de ce courant :

Le cinéma-vérité [ou cinéma direct], c’est celui de la reproduction la plus fidèle possible d’une réalité « “vivante et saignante” ». C’est celui du constat brut d’une réalité sociale ou psychologique. Le cinéaste doit être le témoin impartial de la réalité. Son rapporteur impassible. Il doit confier au hasard de l’enregistrement le soin de « “capter les plus secrets, peut-être le plus insaisissable d’un être” » dans ses moments privilégiés d’abandon. La spontanéité et le naturel de l’interprétation de personnages réels vivant des événements ou des drames réels forment les éléments de base du cinéma-vérité34.

... Une semaine dans la vie de camarades respecte sensiblement la formule, à l’exception de la présence d’un personnage principal. Or Edgar, tout effacé qu’il est au profit des gens qu’il rencontre, n’est au fond qu’un agent liant. Il aurait d’ailleurs très bien pu ne pas figurer dans le film sans qu’il n’y ait de véritable accroc au « récit ». Mais cette confusion des genres est aussi ce qui caractérise le cinéma des frères Gagné. On se trouve ainsi dans une sorte de fiction documentaire, cela dit plus près du documentaire que de la fiction. On relève aussi cet intérêt pour la confusion des genres chez d’autres cinéastes, tenants de la contre-culture, comme Gilles Groulx36. Dans une entrevue qu’il accorde en 1978 au rédacteur en chef de la revue Séquences Léo Bonneville, Groulx confirme que ce qui[l]’intéresse au cinéma, c’est l’incontestabilité. Je tiens à ce que le spectateur ne puisse dire : voici une situation de fiction qui n’a aucun rapport avec la réalité et, qu’il ne puisse pas dire à l’égard du totemIsage documentaire : voici un documentaire tout à fait contestable. […] Au fond, je cherche à rendre les films que je fais incontestables, quel que soit le moyen employé. Je veux abolir la séparation des genres37.

« Film-collage, » comme se plaît à le qualifier Serge Gagné38, Une semaine dans la vie de camarades rompt également avec la linéarité habituelle du récit. Avec la Rencontre internationale de la contre-culture de Montréal comme trame de fond, le film se divise en sept parties, correspondant aux sept jours que dura l’événement, précédé d’une introduction. Chaque partie débute par des extraits de conférences, ateliers et prestations musicales de personnalités ayant pris part à la RIC. Après quoi le périple d’Edgar se poursuit à travers les régions du Québec. ... D’où l’impression de « collage » que Serge Gagné mentionnait lors d’un entretien récent et que l’on retrouve dans la description qu’en fait Yves Rousseau : « Entrevues, spectacles, fiction, poésie, road movie, histoire et anarchie se fondent dans cette comédie humaine éclatée39. »

Le style cinématographique singulier, tout comme le récit et le choix du montage, n’est pas étranger au contexte de production et de réalisation d’Une semaine dans la vie de camarades. La démarche globale des frères Gagné se veut le reflet d’une volonté affirmée de demeurer à l’écart du système et de l’industrie, de certaines règles et carcans qui posent des entraves à la création et à l’imaginaire40. Faire du cinéma le plus librement possible afin de permettre pleinement, selon Serge Gagné, « la folie de faire se rencontrer deux fantômes qui ne se connaissent pas : le spectateur et le réalisateur41. » C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils produisent eux-mêmes leurs films. Que ce soit par l’entremise de Productions 8942 pour Une semaine dans la vie de camarades, ou encore, aujourd’hui, avec Production Cocagne, Jean et Serge Gagné tiennent à l’entière indépendance de la production pour éviter les contraintes et assumer pleinement leur liberté créative. Dans Une semaine dans la vie de camarades, le générique d’ouverture rapporte également un crédit de production attribué à l’Association coopérative de productions audiovisuelles (ACPAV)....

Une semaine dans la vie de camarades est produit avec un maigre budget de 15 mille dollars, obtenu grâce à une bourse du Conseil des arts du Canada que se voit décerner Jean Gagné en 1975. ...Les deux cinéastes tirent profit du programme d’aide au cinéma artisanal de l’Office national du film (ONF) ... « vraiment, pour un film indépendant et son sujet gigantesque, de moyens exceptionnels45. »

... Captées sur le vif, sans mise en scène, les entrevues qu’Edgar conduit avec ces gens sont minimalement organisées de façon à préserver ce que l’on considère, chez les frères Gagné, comme l’« authenticité » du témoignage (une caractéristique importante du cinéma direct).

essai cinématographique 2016-17


totemIsage

LISTE DES PARTICIPANT-E-S:

ARTISTES ET COLLABORATEURS

Mathieu Parent, anthropologue

Diane Boucher, mjusicienne

Christiane Tremblay, docteur en philosophie

Réal Capuano, photographe

André Fournelle, scuilpteur

Raymond Charland, enseignent et artiste

André Duchesne, mucsicien

Régis Painchaud, artiste

Jean-Pierre Tremblay,  musicien

Myriam Gagné, artiste

Brenda Kimpan,  artiste

Gaétan Dostie,  écrivain, poète

Jean Billard, enseignant et artiste

Sylvain Tremblay, focntionnaire et artiste

 

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